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Autorité, fermeté et police de proximité

Tribune parue sur le HuffingtonPost.fr

L’agression de Viry-Châtillon est très inquiétante et témoigne du décrochage de certains quartiers en proie au banditisme comme à l’islamisme. Dans les deux cas, la République doit reconquérir ces quartiers. En première ligne face à cette violence et alors qu’un policier est entre la vie et la mort, les fonctionnaires de police doivent être assurés du soutien du pays.

Nous devons faire face à une réalité difficile et violente, mais il faut aussi être lucide sur les mauvais choix faits au début des années 2000. En privilégiant la police d’intervention au travail de proximité, on n’a fait qu’aggraver le décrochage entre la police et nos quartiers les plus difficiles pris en otage par des voyous. Aujourd’hui, la fuite en avant dans la « militarisation » de la police nationale s’impose mécaniquement mais ce serait une erreur fatale. Quand la droite crie « Cazeneuve démission » et fait de la surenchère, regardons plutôt du côté de la décision de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, d’enterrer en 2002 la police de proximité, avant même qu’elle ne prenne son essor. Cette décision a eu des conséquences aussi lourdes que le démantèlement des Renseignements Généraux.

Aujourd’hui, nous devons faire le choix d’une police implantée dans les quartiers, au contact des habitants qui demandent à être protégés. La police nationale ne peut pas s’appuyer uniquement sur une doctrine d’intervention faite d’opérations coup-de-poing qui sont d’abord des opérations coups de com’. Autorité et fermeté sont indispensables, encore plus après cette tentative d’assassinat, mais elles ne suffiront pas. Police et justice doivent être mobilisées pour casser l’économie parallèle, faire taire les prêcheurs de haine, mais surtout la République doit rendre espoir à ces quartiers populaires dont l’urbanisme a été amélioré grâce à la politique de renouvellement urbain, mais dont le décrochage républicain n’a jamais cessé.