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Procès Goodyear : pour la relaxe des huit salariés

Le procès en appel des salariés de Goodyear, accusés de séquestration dans le cadre de la lutte pour la défense de leur emploi s’ouvre aujourd’hui. Le jugement en première instance était particulièrement sévère, avec des peines de prison ferme. Le site de Goodyear à Amiens-Nord a connu un long conflit social, la séquestration de deux cadres dirigeants en janvier 2014 a constitué un dérapage regrettable que la justice devrait juger comme tel et non comme une activité criminelle.

En appel, la relaxe des prévenus est la juste décision à rendre. Au lendemain du verdict, le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement ont fait des déclarations compréhensives pour les syndicalistes mais en complet décalage avec les réquisitions brutales du procureur, dont le discours n’était pas sans évoquer une justice de classe. Ce double langage est inacceptable. La France a besoin d’une politique pénale cohérente définie par le Garde des Sceaux et appliquée par les procureurs. Cette idée simple qui a tendance à être oubliée au profit de discours convenus sur « l’indépendance de la justice », je la défends dans ma campagne présidentielle.

Plusieurs conflits sociaux ont connu des faits qui ont conduit à des violences, il est indispensable d’appliquer à ces faits une politique pénale avisée qui qualifie correctement les faits et sanctionne l’inacceptable. Trop de conflits sociaux se terminent au tribunal correctionnel. Pour rompre avec le sarkozysme, la majorité parlementaire avait même, en 2013, travaillé à une amnistie sociale, avant de… l’enterrer.

La majorité actuelle a longtemps défendu une constitutionnalisation du dialogue social… avant de faire adopter la loi El Khomri hors de tout dialogue social et sans majorité parlementaire. De la base au sommet, du conflit à la négociation, il est urgent de réconcilier la gauche et le syndicalisme.