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Nous sommes à la hauteur des défis de l’espace

Nous vivons un moment historique pour la politique spatiale française et européenne, pour deux raisons.

Tout d’abord le spationaute français Thomas Pesquet a décollé à bord de Soyouz, aux côtés de Oleg Novitsky et Peggy Whitson en direction de la Station Spatiale internationale (ISS).
Une américaine, un russe et un français travaillant ensemble, formidable pied de nez aux nostalgiques de la Guerre froide !
Thomas Pesquet est une grand fierté pour notre pays et je veux saluer le courage et la détermination de l’homme qui à 38 ans sera le plus jeune astronaute en exercice.

La France est une grande nation spatiale depuis que le général de Gaulle -visionnaire sur ce sujet aussi- a crée l’agence spatiale française (CNES), premier contributeur à l’ESA (l’agence spatiale européenne)
Nos scientifiques et ingénieurs, ainsi que nos personnels civils et militaires dans le centre spatial de Kourou en Guyane française ont une expertise reconnue et un savoir-faire certain en la matière.
L’ESA, c’est l’Europe du commun, l’Europe des projets, l’Europe inter-gouvernementale que j’appelle de mes vœux.
C’est la seule qui marche et qui peut redonner confiance en la marche du Progrès concernant notre Nouvelle Frontière, l’Espace.
On a tous suivi avec intérêt l’aventure du robot Philae et de la sonde Rosetta qui dans le marasme ambiant redonnent à la Science ses lettres de noblesse.

Néanmoins les sujets de crainte sont nombreux à la hauteur des défis à venir.
L’Espace, dont les applications ont une rentabilité économique de plus en plus importante, est en proie depuis 10 ans à une concurrence accrue d’acteurs de toutes sortes.
En effet, la multiplicité des acteurs privés ainsi que des start-up, corrélée aux ambitions légitimes des pays émergents, nécessite que l’Europe spatiale garde une longueur d’avance.
Fort inspirés par les Américains, maîtres du protectionnisme quand il s’agit de leurs intérêts bien compris, la Chine et l’Inde mais aussi la Russie -qui fait un retour prononcé dans le spatial- subventionnent à tour de bras et usent d’un marché interne captif qui accroit la compétitivité de leurs lanceurs.

En Europe et sans surprise on retrouve la Commission Européenne – qui possède une compétence spatiale depuis le triste Traité de Lisbonne- qui croit bon de défendre sa doxa libérale par l’intermédiaire de la Direction Générale en proscrivant toute préférence européenne par pure idéologie, dont l’aspect mortifère n’est plus à démontrer.
Inouï de voir que même en matière spatiale le néo-libéralisme aveugle de la Commission nous conduit dans le mur !
Même Geneviève Fioraso -qu’on ne peut pas réellement définir comme étant une partisane du Plan- dans son rapport sur l’Open Space en juillet 2016 appelle de ses vœux une « préférence européenne » !

Je m’engage à me battre pour l’obtenir et pérenniser ainsi l’avenir des lanceurs Ariane comme référence mondiale dans ce domaine.

Une fusée Ariane 5 (en attendant la 6 !) a d’ailleurs décollé jeudi dernier de Kourou, contenant quatre nouveaux satellites et posant ainsi la première pierre à l’édifice de Galileo : concurrent européen du GPS : c’est la deuxième bonne nouvelle en la matière cette semaine.
C’est un outil vital pour assurer notre souveraineté et pour consolider ainsi « l’Europe Européenne » qui ne dépendrait pas du bon vouloir des américains.
Le sujet de la politique spatiale est trop important pour rester dans les périphéries.

Je porte ce message par ma candidature, en réaffirmant une ambition française dans l’espace au service de la science, de notre souveraineté, des citoyens et d’une Europe européenne.