2017 : l’arnaque !

Signature

LES 500 SIGNATURES

Le système des parrainages est sans doute à bout de souffle. Certains rêvent de relever le seuil de 500 à 1000 parrainages pour réduire le nombre de candidatures. Mais comme le stratagème serait trop visible, ils n’osent pas et  ils essaient de rendre l’exercice plus difficile. Cela peut sembler un détail mais l’envoi direct par les parrains au Conseil Constitutionnel rend plus difficile le décompte et oblige le candidat à s’assurer que le soutien annoncé a bien été envoyé. Le suivi sera concrètement beaucoup plus délicat.

Dans le système actuel, soyons clairs : je suis favorable à la publication de l’intégralité des noms des parrains. C’est une responsabilité démocratique importante : la clarté s’impose. En revanche, la publication du décompte par le Conseil Constitutionnel est un gadget médiatique inutile.

Le système est épuisé. Je propose de le remplacer par une journée nationale de délibération où, sur le modèle des élections sénatoriales, les parrains se rendraient en préfecture pour faire leur choix. En une journée, la question serait réglée. Pour ne pas aboutir à nombre délirant de candidatures, on pourrait envisager de rehausser le seuil.

Temps_parole

LE TEMPS DE PAROLE

Suivant les mauvais conseils du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, le gouvernement et le Parlement ont choisi de porter un mauvais coup à l’égalité du temps de parole. Après un débat rendu volontairement compliqué entre une période libre, une période intermédiaire et une période officielle, le législateur a retenu la plus mauvaise des solutions : l’équité du temps de parole. Depuis les années 90, on a appris à se méfier quand quelqu’un nous propose, avec les meilleures intentions affichées, de préférer l’équité à l’égalité. Pendant 2 semaines, et alors que tous les candidats seront des candidats officiels ayant réuni les 500 signatures, ces candidats pourront être traités de manière inégalitaire par les médias sous le contrôle arbitraire du CSA qui jugera de l’équité du temps de parole et du temps d’antenne au gré de critères surprenants (les sondages, les résultats passés, le nombre de meetings…).

Avec trois chaines d’information continue et bientôt quatre, des radios qui débordent d’actualité, il serait donc impossible de s’offrir 1 mois d’égalité entre les candidats et permettre ainsi un vrai débat !

En refusant l’égalité, les partis en place révèlent leur véritable objectif : le verrouillage du débat et par conséquent, l’effondrement de la démocratie.

Verrouillage

LE VERROUILLAGE

Le système politique est bloqué : les deux grands partis de gouvernement se succèdent au pouvoir sans offrir d’alternative. Un troisième parti, le FN, profite de cette situation pour avancer des fausses solutions habituelles de l’extrême-droite : l’isolement, la machine à remonter le temps et la désignation de boucs-émissaires.

En France comme dans beaucoup de pays, l’enjeu consiste à trouver un débouché démocratique à la crise politique. Les puissances installées sont malmenées, l’establishment est contesté. Un sain populisme – un mot que l’élite caricature et nous demande de détester – se fait jour dans toutes les grandes démocraties.

Relever la barrière des 500 signatures, c’est le réflexe des gardiens du système qui ne veulent pas entendre la contestation qui gronde. Ce choix est irresponsable.