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« La gauche a abandonné la souveraineté au FN »

Candidat souverainiste du mouvement républicain et citoyen (MRC), parti créé par Jean-Pierre Chevènement, à l’élection présidentielle de 2017, Bastien Faudot était l’invité de l’Autre Direct de Lyon Capitale pour parler Brexit, Europe, souveraineté et Front national (FN).

Lyon Capitale : Quelles leçons tirer du Brexit ?
Bastien Faudot : Il faut dédramatiser le Brexit. Depuis fort longtemps, les Anglais avaient un pied et demi en dehors de l’Europe. Ils ne sont pas dans la zone euro, pas dans Schengen et ils ne participent pas à la hauteur des cotisations qui sont demandées aux autres États depuis 1984. Ils mettent en œuvre le choix de Churchill d’il y a 50 ans.

Vous dites qu’il faut nationaliser l’Euro ?
La zone euro et la seule zone économique dans le monde qui considère qu’elle peut mettre en place un projet économique et social sans disposer d’un outil monétaire puisque la monnaie européenne fonctionne en pilotage automatique à Francfort et qui ne rend pas de compte à la démocratie et aux citoyens. C’est une monnaie qui ne fonctionne pas comme un outil de démocratie. Elle fonctionne pour les marchés depuis son origine. Pourquoi sommes-nous la seule zone dans le monde qui ne dispose pas d’une monnaie au service des politiques économiques et sociales ?

Que faut-il faire pour l’Europe ?
Aujourd’hui le format européen que nous pouvons défendre c’est celui d’une coopérative des nations. On ne peut pas attendre la saint-glinglin de l’unanimisme européen parce que l’on ne fait rien. Airbus n’a pas eu besoin d’attendre que 28 pays se mettent d’accord pour se mettre en marche. L’Europe qui marche, c’est l’Europe du commun. Une Europe à la carte et à géométrie variable.

Votre parti n’a pas été présent à l’élection présidentielle depuis 2002. On sait comment s’est terminée cette élection pour la gauche. Aujourd’hui en 2017 en multipliant les candidatures, ne risquez-vous pas de reproduire les mêmes conséquences ?
Aujourd’hui, compte tenu de la crise que connaît la gauche, elle n’est pas en mesure de se qualifier pour le second tour. En ce qui concerne 2002, l’enjeu n’est pas de rassembler en faisant du bric et du broc alors que nous avons des désaccords politiques fondamentaux avec la majorité politique du gouvernement. Nous avons des discussions avec d’autres partis de la gauche. Il manque une voix à gauche qui veut se réapproprier la nation et qui n’est évidemment pas celle du FN.

Pourquoi ne pas participer à la primaire de la gauche ?
Parce que c’est un instrument tactique de la part du PS pour enfermer le débat avant même qu’il ait lieu durant l’élection présidentielle. La seule primaire qui compte, c’est le premier tour de l’élection présidentielle en avril prochain.

Qu’est-ce qui vous différencie du FN ?
Il y a une chose fondamentale. Pour moi la souveraineté populaire et nationale ne consiste pas à embaumer un vieux cadavre froid. Une espèce de France immémorielle qu’il s’agirait de figer dans le temps. La souveraineté c’est un outil politique à mettre au service de la transformation sociale de ce pays. Récupérer la souveraineté pour la souveraineté n’a aucun intérêt.

Aujourd’hui c’est pourtant le FN qui est en pointe sur ces thèmes de souveraineté et de nation…
Parce que la gauche lui a abandonné. Nous avons laissé partir de nombreux électeurs rejoindre les rangs du FN ou de l’abstention.

Vous aussi vous les avez abandonnés en étant absent depuis 2002 de l’élection présidentielle ?
Aujourd’hui, on corrige cette erreur.

Est-ce que ce n’est pas trop tard ?
Il est trop tôt pour le dire. On ne le saura qu’après le premier tour de la présidentielle.

Crédits photo : Tim Douet – Lyon Capitale