Discours de Malakoff : « L’espace existe dans le cœur de nos concitoyens pour du neuf. »

Seul le prononcé fait foi.

Chers amis,

Je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui, six mois après mon investiture le 7 février dernier. Six mois à sillonner la France, six mois à rencontrer les Français, six mois à échanger avec des élus, des chefs d’entreprises, des responsables associatifs, six mois à convaincre des Français de droite, des Français de gauche, des Français des villes, des Français des champs, des Français qui, pour la plupart, sont affligés par le niveau du débat public.

Nos compatriotes sont perdus : ils ne savent plus vraiment qui croire, ni quoi penser. Trente années d’impuissance du politique sont passées par là. Trente années d’espoirs déçus ont altéré leur goût pour la politique devenu dégoût pour les politiques. En trente ans, les Français ont développé un système immunitaire redoutable contre leurs représentants. Quelle parole peut encore retenir leur attention ? Nous ne somme pas à l’abri que tout cela se termine très mal.

Peuple politique, les Français sont tristes parce que leur démocratie s’affaisse sous leurs yeux. Avant, la force politique s’enracinait dans le suffrage. Maintenant, la politique détourne le suffrage. Depuis trente années, nos institutions ont été capturées par les puissants et mises au service de leurs intérêts particuliers. En premier lieu, je parle des intérêts de l’argent bien sûr. Vous savez, “cet adversaire qui n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, et qui pourtant gouverne”. Mais François Hollande a oublié un détail dans son discours du Bourget. La finance n’a pas organisé de coup d’Etat pour s’emparer du pouvoir. La classe politique le lui a livré sur un plateau.

Pendant trente ans, parce que les grands choix ont été les mêmes, il ne restait aux Français que l’illusion du choix.

Pendant trente ans, parce que les grands choix ont été les mêmes, il ne restait aux Français que l’illusion du choix. Les mêmes décisions, incarnés par un personnel politique largement interchangeable, ont généré de grandes frustrations.

Je suis candidat à la présidence de la République pour défendre la plus belle des causes, notre cause commune : je veux parler de la France. Je suis candidat à la Présidence de la République pour proposer aux Français une autre voie, celle de la gauche souverainiste, patriote et sociale.

Pour réussir, nous sommes armés d’une détermination sans faille, car face à nous, le système de verrouillage de la démocratie est sans pitié.

Le premier verrou, c’est celui des parrainages. Il y a à peine six mois, ils ont décidé de durcir les conditions de la collecte des parrainages. Ce durcissement a été rendu possible par une entente entre le PS et l’UMP, toujours prompts à trouver des arrangements lorsque leurs intérêts bien compris sont en jeu. Quel mépris, quel mépris de la caste politique pour le débat démocratique ! Mais c’est un aveu de faiblesse de leur part : ils verrouillent le débat parce qu’au fond, ils redoutent le débat.

Je veux remercier les militants qui sur le terrain vont à la rencontre des maires. Grâce à vous, aujourd’hui, nous avons 135 parrainages. Nous savons combien cette quête est difficile car les maires sont à l’image des Français : la médiocrité du débat les dissuade de s’engager. C’est maintenant, pendant l’automne et le début de l’hiver, que l’affaire va se jouer. Mon ambition est d’aller au bout. La seule chose – je dis bien, “la seule chose” – qui pourrait nous empêcher d’être présents au premier tour de l’élection présidentielle, c’est de ne pas réunir les parrainages. L’enjeu n’est pas mince, car sans nous, l’élection présidentielle serait atrophiée. Nous sommes plusieurs centaines ici aujourd’hui. Il suffit que chacun d’entre vous rapporte un seul parrainage pour que la gauche souverainiste, patriote et sociale dispose de son bulletin dans les bureaux de vote le 23 avril prochain.

Le second verrou, c’est celui des médias. Il y a quelques jours, Yann Barthès m’a désigné comme le candidat inconnu ! Mais, voyez-vous, face à l’épuisement du système, mieux vaut un candidat inconnu qui défend des idées nouvelles que des candidats trop connus qui récitent en chœur la même rengaine !

La concurrence intense, la concurrence libre et non faussée existe aussi dans le monde de la presse. Elle donne la priorité à l’émotion, à la simplification et aux petites phrases. Et la mode des primaires aggrave le phénomène ! La règle est simple : pour exister, pour se démarquer, pour se faire entendre, il y a une prime à celui qui raconte tout et n’importe quoi. Au lendemain de l’effroyable attentat du 14 juillet à Nice, on a vu un concours d’inepties en tout genre : Henri Guaino, que l’on a connu beaucoup mieux inspiré voulait armer la police de lance-roquettes, d’autres proposaient des tests de déradicalisation dans les lycées, l’état de siège ou la création d’un Guantanamo français ! On a même ressorti des cartons un ancien président de la République – il semble souffrir de sa mise à la retraite anticipée – qui veut incarcérer des gens sur la base d’une simple suspicion : l’appartenance au fichier S ! C’est le grand retour des embastillages et des lettres de cachet ! Je suis étonné que Nadine Morano n’ait pas eu l’idée de rouvrir le bagne de Cayenne… Et comme on n’est jamais à une surprise près, après vérification, elle s’est fait doubler par Nicolas Dupont-Aignan !

Et comme une outrance peut en cacher une autre, le débat interminable sur le burkini a pris le relai. A droite et à l’extrême droite, ils ont exploité la peur qui étreint les Français. Je veux saluer ici nos compatriotes qui ont fait preuve de sang froid face aux attentats qui nous ont frappés. J’invite ceux qui prétendent recueillir leurs suffrages à prendre exemple.

Il y a une offensive très visible du séparatisme social, culturel, sexuel et religieux qui menace le pacte républicain.

L’affaire du burkini n’est pas anecdotique. Il y a une offensive très visible du séparatisme social, culturel, sexuel et religieux qui menace le pacte républicain. On ne peut pas exiger de la République qu’elle soit une matrice d’intégration infaillible d’un côté, et la mettre au défi de manière permanente en lui faisant subir des crash tests quotidiens. Celles et ceux, de toutes obédiences et de toutes convictions, qui misent sur la faiblesse du modèle républicain, seraient les premières victimes si celui-ci venait à sombrer. Car le communautarisme, c’est le trop plein d’identité et le grand vide de liberté et d’émancipation.

L’invocation à la liberté individuelle mène parfois à la servitude volontaire. Sous prétexte de liberté individuelle, je vois des cohortes de militants de gauche sincères qui cèdent aux intimidations des fondamentalistes qui remettent en cause l’égalité homme-femme. Il n’est pas question de céder car ce serait renoncer à nous mêmes. On peut théoriser à l’infini sur la liberté de certaines de nos compatriotes musulmanes qui choisiraient librement l’enfermement du voile. J’appelle cela une aliénation, c’est à dire une illusion de liberté. Alors bien sûr, la République ne peut pas interdire tout ce qu’elle réprouve – c’est le principe de l’Etat de droit, mais nous devons faire preuve de courage en résistant à ce terrorisme intellectuel : non, nous ne sommes pas racistes parce qu’on est patriote. Et non, nous ne sommes pas islamophobes parce qu’on est laïc. La laïcité, sans ruse et sans adjectif ne se réduit pas à la belle loi de 1905 qui organise la séparation des églises et de l’Etat. La laïcité est, dans chacune des consciences, la compréhension que la loi de la République ne se soumet à aucune autre règle coutumière.

Si une partie de nos compatriotes de confession musulmane se sentent aujourd’hui plus musulmans que Français, c’est sans doute parce qu’ils ont, à l’instar de millions d’autres Français, le sentiment d’être des citoyens à part, et non des citoyens à part entière. La République à la plus belle des communautés à leur offrir : la communauté nationale dont ils sont les enfants.

L’injonction permanente qui leur est faite de montrer patte blanche et de démontrer leur attachement à la Nation est pénible. D’autant plus pénible que les élites mondialisées agissent elles, contre la Nation, en toute impunité. Où est le patriotisme du grand patronat ? M. Poupart-Lafarge, êtes vous patriote lorsque vous annoncez la fermeture de l’usine Alstom à Belfort alors que le groupe a réalisé 3 milliards de bénéfices l’an dernier ?

On le voit, ces questions ont une dimension explosive dans une France qui doute. La crise économique et sociale ne saurait tout expliquer ni tout justifier car une Nation ne se réduit pas aux conditions matérielles d’existence des citoyens. La France, notre Nation, est indissociablement un modèle politique, culturel et social. Ce modèle est aujourd’hui percuté par les dérèglements du monde auxquels il est temps d’apporter une réponse.

Cette réponse a une dimension défensive car nous avons un patrimoine commun à préserver, une identité collective qui repose très largement sur l’idéal républicain.

J’invite les citoyens à se rassembler pour penser, imaginer et promouvoir une République qui parle au monde, mais une République qui ne renonce pas à elle-même.

Cette réponse doit aussi être offensive. J’invite les citoyens à se rassembler pour penser, imaginer et promouvoir une République qui parle au monde, mais une République qui ne renonce pas à elle-même.

Le projet que j’entends présenter aux Français repose sur cinq piliers, cinq orientations majeures pour aborder les temps qui viennent. Ces piliers incarnent la gauche républicaine que nous représentons : notre ambition, notre belle ambition, c’est la reconquête de la souveraineté populaire et nationale pour réussir la transformation sociale !

La première priorité, c’est la réponse à la crise démocratique que nous traversons.

L’impuissance du politique et l’effondrement de la parole publique mettent en évidence les carences de nos institutions. La priorité absolue, c’est de rétablir une meilleure articulation entre les aspirations des Français et les décisions qui sont prises en leur nom, c’est de promouvoir des dirigeants qui servent les intérêts de la Nation plutôt que les leurs, c’est de rétablir l’équilibre des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif. Il ne s’agit pas de céder à la mode d’une VIème République démagogique et suspicieuse, mais de proposer une mise à jour de la Vème République.

Cette mise à jour passe par le retour au peuple qui est aujourd’hui tenu à bonne distance des grandes décisions. Et y’a-t-il un meilleur moyen de s’en remettre aux citoyens que de développer l’usage du référendum ?

Je propose donc d’instituer une journée référendaire annuelle au cours de laquelle plusieurs grandes questions seraient soumises à la souveraineté populaire. En concentrant les questions une journée par an, je veux débarrasser le référendum de sa dimension plébiscitaire. Ce référendum élargi et régulier est l’élément qui manque aujourd’hui à notre régime : s’il avait existé, il nous aurait sans doute épargné l’adoption du Traité budgétaire européen, le débat sur la déchéance de nationalité ou encore la maudite loi El Khomri.

Le pouvoir de convocation d’un référendum ne doit plus être le privilège du Président de la République. Je propose de créer un droit d’initiative populaire pour inscrire automatiquement à l’ordre du jour toute question qui recueillerait plus d’un million de signatures.

Je propose également d’inscrire à l’ordre du jour toute question qui recueillerait la signature d’un certain nombre des parlementaires.

Cette journée référendaire annuelle doit permettre à nos concitoyens de retrouver confiance dans nos institutions. Je ne veux plus jamais que nos compatriotes puissent légitimement penser que les décisions se prennent sans eux ou pire, contre eux.

Je propose par ailleurs de rendre obligatoire l’usage du référendum pour toute réforme de la Constitution, pour la ratification des traités européens et des grands traités commerciaux. L’intolérable forfaiture des candidats qui s’engagent le temps d’une campagne à renégocier un traité, et qui rendent les armes une fois qu’ils sont élus, ne doit plus être possible. Le respect de la volonté populaire n’est pas une option. C’est une obligation.

Je crois aux vertus du système représentatif, ce qui ne signifie pas que les élus disposent d’un chèque blanc. C’est la raison pour laquelle je préfère dédramatiser l’usage du référendum plutôt que de tomber dans le piège du mandat impératif ou de la démocratie directe qui généralise la présomption de culpabilité pour les représentants du peuple.

La mise à jour de notre démocratie représentative est nécessaire. Dans les faits, le parlement est aujourd’hui muselé. J’entends donc mettre fin à l’ensemble des dispositions dites de « parlementarisme rationalisé » qui permettent à l’exécutif de brider la représentation nationale. Il faut supprimer toutes ces astuces : vote bloqué, vote réservé, procédure accélérée, nouvelle délibération, ordre du jour cadenassé par le gouvernement. Je proposerai enfin de maintenir l’article 49.3 exclusivement pour le vote du budget. Les parlementaires sont des citoyens majeurs et il n’est plus supportable d’assister au spectacle d’une représentation nationale infantilisée.

Il me paraît également nécessaire de déconnecter l’exécutif et le législatif. A l’usage, le quinquennat s’avère être une erreur : il a rétrogradé le chef de l’Etat en chef de sa majorité. Je propose donc le retour au septennat renouvelable. Sept ans, parce que la politique de la Nation a besoin de durée. Renouvelable, parce que c’est le meilleur moyen pour contraindre un Président élu de rester connecté aux citoyens – s’il veut avoir une chance être réélu.

En 1967, un certain Jacques Mandrin proposait une réforme vigoureuse de l’ENA dans son livre L’énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise. Un demi-siècle plus tard, l’ENA demeure une tour d’ivoire au coeur de la République. Nous avons naturellement besoin de former des hauts fonctionnaires et des grands serviteurs de l’Etat. Malheureusement, cette grande école de sélection est devenue un système de reproduction idéologique et sociale qui nourrit le divorce entre les élites et le peuple. Je proposerai donc de supprimer l’ENA, et de la remplacer par un système de promotion interne au sein de la fonction publique.

Cette réforme implique de mettre un terme au pantouflage qui n’est rien d’autre que le mercato des élites : des cabinets ministériels aux grands groupes privés, des grands groupes privés aux lobbys, des lobbys à la finance, de la finance aux mandats électifs et des mandats électifs aux cabinets ministériels : cette République de l’entre-soi finit par ressembler à une République bananière. Quand on voit le transfert de l’ancien directeur du Trésor dans un fond d’investissement chinois, je me demande si ça ne peut pas être qualifié d’intelligence avec l’ennemi. Je n’ai rien contre les Chinois mais dans la mondialisation, la Chine nous mène une guerre économique impitoyable !

Le deuxième pilier de mon projet, c’est la réponse à la crise de l’Europe.

L’Europe taille unique – celle de la monnaie unique, du budget unique et des frontières uniques, mène le continent au désastre. Cette Europe unique procède de la stratégie de l’intégration forcée pour imposer le modèle fédéral. Mais il y a un petit caillou dans la chaussure : les peuples n’en veulent pas. L’inexorable montée du Front National, le Brexit, le mouvement 5 étoiles en Italie, les succès de l’AfD en Allemagne et des mouvements d’extrême droite en Autriche ou aux Pays-Bas ne suffisent-ils pas à nos dirigeants pour qu’ils retrouvent la vue ?

Pour sauver l’Europe aujourd’hui, il faut la délivrer du fédéralisme rampant qui est vécu comme un système disciplinaire. Je propose donc de défédéraliser l’Europe pour bâtir une grande coopérative des Nations et des peuples.

Je propose d’affranchir la France de la tutelle des traités européens en modifiant le titre XV de la Constitution pour y retirer toute référence au traité de Lisbonne. Un traité rejeté par les Français n’a rien à faire dans notre constitution !

Je propose de reconquérir notre souveraineté monétaire en sortant de l’Union économique et monétaire et en nationalisant l’euro. Il n’y a aucun endroit dans le monde où l’on pense qu’il est pertinent de transférer le pouvoir monétaire à une instance supranationale qui n’a de comptes à rendre ni aux Etats, ni aux peuples !

La monnaie unique n’est pas une simple devise inoffensive et pratique qui nous permettrait de traverser les frontières sans tracas. C’est un système de gouvernement qui piétine les démocraties – nous l’avons vu en Grèce l’an dernier. C’est une monnaie qui installe la stagnation à perpétuité et laisse se développer le cancer du chômage de masse.

Il n’y aura pas de croissance et de redressement productif avec une monnaie surévaluée, obsédée par l’inflation et indépendante des décisions politiques. L’alternative est simple : ce sera le progrès social ou la monnaie unique ! Ce sera l’emploi ou la monnaie unique ! Ce sera la démocratie ou la monnaie unique !

Que les libéraux continuent de la défendre, cela me paraît parfaitement logique, mais la gauche est désormais sommée de choisir, sauf à continuer de mentir à son électorat.

Je sais que l’orientation de la nationalisation de l’euro fait grincer les dents de celles et ceux qui voyaient dans la monnaie unique le symbole du rapprochement des peuples. Mais ils doivent se rendre à l’évidence : tous les économistes disent que l’euro produit de la divergence, et à terme, l’éclatement entre les nations européennes. C’est le sens du réquisitoire que vient de publier le prix noble d’économie Joseph Stiglitz.

L’euro, dans son format actuel, n’est pas viable. Ceux qui partagent avec moi ce diagnostic doivent donc conclure avec moi qu’il est beaucoup plus sage d’organiser la sortie plutôt que de la subir ultérieurement dans les pires conditions. Et l’organiser, cela veut dire nationaliser l’euro.

Défédéraliser l’Europe exige ensuite de reconquérir notre souveraineté budgétaire. Je propose de nous affranchir des politiques d’austérité, de dénoncer unilatéralement le pacte budgétaire européen. La discipline des 3 % est une règle qui plombe notre économie, appauvrit nos territoires et détruit nos services publics. Le Parlement français doit retrouver sa liberté pour voter le budget de la Nation, c’est à dire programmer les dépenses qui traduisent les priorités politiques.

Parce qu’il n’y a pas de politique sans territoire politique, la France doit retrouver enfin le contrôle de ses frontières, notamment pour trouver des solutions pérennes à la crise migratoire. Le contrôle de nos frontières n’est pas un gros mot. Cela veut dire simplement que nous devons exercer un contrôle sur les entrées et les sorties pour appliquer une politique migratoire qui est la condition pour réussir l’intégration. De fait, nous sommes à l’extrémité de l’espace Schengen : d’un côté nous ne contrôlons pas les entrées à Lesbos ou à Lampedusa et de l’autre côté, les Anglais appliquent leur politique migratoire sur notre sol, au point d’y financer la construction d’un mur ! La jungle de Calais résulte de cette situation. Il faudra donc dénoncer les accords du Touquet et faire comprendre à nos amis anglais qu’ils doivent traiter les demandeurs d’asile chez eux.

Enfin, défédéraliser l’Europe implique de supprimer la Commission européenne, ce super-gouvernement qui n’est responsable devant rien ni personne. Bruxelles est devenue la secte du Temple solaire : 28 gourous nous guident droit vers le suicide collectif !

L’Europe que j’appelle de mes voeux, c’est l’Europe du commun, l’Europe des projets mis en commun. Je propose de développer les projets de coopération scientifiques, industriels, culturels avec ceux de nos partenaires qui le souhaitent. On ne peut plus attendre l’improbable unanimité de sommets qui accouchent d’une souris ! L’unanimité nous conduit toujours à des logiques de plus petit dénominateur commun qui ne font pas une ambition pour l’Europe. Je préfère l’Europe de la preuve à l’Europe des déclarations. Airbus, Erasmus, Ariane sont nés d’initiatives légères et consenties, et c’est pour cela qu’ils réussissent.

Le travail, l’organisation du travail est au coeur de cette ambition.

La reconquête des instruments de la souveraineté politique permettra enfin d’engager une politique économique et sociale audacieuse. Le travail, l’organisation du travail est au coeur de cette ambition. Le troisième pilier de mon projet consiste à vaincre le chômage et à retrouver enfin le plein emploi. Oui, vous m’avez bien entendu, j’ai dit : le plein emploi. C’est une exigence parce que rien n’est plus protecteur pour les salariés que le plein emploi. Le chômage est une calamité pour les chômeurs, mais il pèse aussi sur ceux qui travaillent. Le chantage à l’emploi, la peur du déclassement sont omniprésents dans le quotidien de nos compatriotes.

Ma génération est née avec le chômage et a vécu avec l’inexorable montée de la courbe du chômage. Jusqu’ici, personne ne l’a vue s’inverser, malgré les promesses et les prophéties que les responsables politiques ont multipliées depuis quarante ans. Les libéraux abordent la question du travail par un biais individuel qui consiste à renforcer la concurrence de tous contre tous. Cela peut être vrai, mais pour une minorité. Je propose une approche diamétralement opposée.

Dans les faits, 6 à 7 millions de Français sont aujourd’hui en dehors du marché de l’emploi. La raréfaction du travail connaît des causes multiples : le progrès technologique a détruit davantage d’emplois qu’il n’en a créés, la mondialisation organise un système de concurrence parfaitement déloyal, et la pression exercée par les exigences de rendement du capital encourage la productivité qui repose sur un nombre de plus en plus réduit de salariés.

Il faut d’abord comprendre d’où l’on part. La France est un pays très actif. Sur ce point, il convient de combattre les mensonges des libéraux qui ont pour effet de culpabiliser la France qui se lève tôt et celle qui n’a pas la chance de se lever tôt. D’abord les Français travaillent : 37 heures et demie par semaine en moyenne, davantage que la plupart de nos voisins. Non seulement les Français travaillent, mais en plus ils sont productifs : 50 % de plus que la moyenne européenne, et 25 % de plus que la moyenne de la zone euro, devant l’Allemagne.

Alors, quel est le problème du marché du travail en France ? Au fond il est simple : la répartition du travail est l’une des plus déséquilibrées du continent. D’un côté nous disposons d’un réservoir de cadres moyens et supérieurs qui travaillent souvent plus de 50 heures chaque semaine, de l’autre, une masse considérable d’actifs inoccupés. Ce déséquilibre est au principe de la violence des relations sociales entre « assistés » et « assistants », entre ceux qui perçoivent les politiques de solidarité et ceux qui les financent. Ce déséquilibre est mortel pour le contrat social. Il entame le consentement à l’impôt et fracture la société. Cette réalité n’est pas un accident : les libéraux organisent l’affrontement entre les classes populaires et les classes moyennes. Nous devons donc agir pour les rassembler car leurs intérêts sont les mêmes.

Les progrès de l’intelligence humaine ont permis des révolutions technologiques considérables depuis la vapeur, l’électricité, l’industrie à la chaîne, l’informatique et désormais la robotique et les nanotechnologies. Ces révolutions techniques ont eu un double effet : elles ont simultanément détruit du travail humain et renforcé considérablement la productivité. Les Français travaillaient 3700 heures par an au XIXè siècle contre 1500 aujourd’hui. Ce mouvement est mondial : aucun pays n’a augmenté la durée du travail à moyen et long terme.

Bâtir une société de plein emploi implique donc de faire un effort massif de répartition du travail pour assurer à chacun des citoyens un rôle et une utilité sociale. La justice sociale, ce n’est pas seulement la répartition des richesses. C’est d’abord la répartition de la production des richesses. Cette logique doit permettre à la France de travailler davantage, de développer la production, de relancer la demande au service d’une politique de croissance.

Les actifs occupés travaillent en moyenne 60 000 heures dans une vie. L’enjeu est de faire baisser la moyenne d’environ 15 %, à 50 000 heures pour permettre à tous de produire, de contribuer et de participer au pacte social.

Il y a deux grands leviers à notre disposition : la durée légale hebdomadaire et l’âge de départ à la retraite. Il convient de les moduler pour permettre à chacun de prendre sa part. La désindustrialisation ne procède pas des 35 heures. Elle résulte de la financiarisation de l’economie. Mais la répartition du travail et de la production nous impose de restaurer l’equilibre entre les revenus du travail et ceux du capital pour desserrer l’etau.

Naturellement, cette répartition du travail suppose d’être financée sans pénaliser la compétitivité de nos entreprises qui sont soumises à une féroce concurrence mondiale. J’irais plus loin, il faut se saisir de cette grande réforme pour renforcer la compétitivité de nos entreprises. Je ne suis pas un décroissant. Je veux une France qui produit, une France qui investit, une France qui innove.

Ma proposition consiste à assortir la réduction individuelle du temps de travail à un transfert massif des cotisations sociales vers un impôt universel sur le revenu qui fusionne l’impôt sur le revenu actuel et la CSG. Je propose aussi de créer un véritable impôt sur les successions des grandes fortunes. La revalorisation du travail face aussi par une lutte sans merci contre la concentration vertigineuse du capital implique donc une révolution fiscale. Cette révolution ne doit pas être confiscatoire, mais elle requiert que chacun contribue, à proportion de ses facultés, au financement de la solidarité nationale.

Par ailleurs, cette nouvelle organisation du travail devra être accompagnée d’une politique volontariste en matière de réindustrialisation du pays. Le développement de la croissance et de l’économie de production passe par une loi de séparation bancaire stricte entre les banques de dépôt et les banques de financement pour nous prémunir d’une nouvelle crise financière bien sûr, mais aussi pour canaliser les financement vers l’économie de production.

La politique monétaire devra accompagner ce mouvement : je proposerai d’introduire dans les statuts de la nouvelle Banque de France un objectif de croissance et de plein emploi aux côtés d’un objectif d’inflation relevé à 4 %, comme le recommande d’ailleurs déjà le FMI. Enfin, la politique monétaire devra favoriser une dépréciation du nouvel euro franc de l’ordre de 20% pour soutenir la compétitivité de nos entreprises à l’exportation et résoudre enfin le déficit de notre balance commerciale.

J’ai conscience que ce projet constitue une véritable révolution. Je l’assume pleinement car nous n’avons plus le temps d’amuser les Français avec des mesurettes prétendument modernes. Quelqu’un de sérieux peut-il nous dire combien de croissance supplémentaire, combien d’emplois ont été générés par les bus Macron ?

J’entends déjà les cris d’orfraie des libéraux qui proposent aux Français de la sueur et des larmes. Ce n’est pas difficile de les repérer, ils disent tous la même chose : Macron, Juppé, Le Maire, Sarkozy, Fillon, et demain peut-être aussi le président sortant. Les libéraux de 7 à 77 ans croient, comme ils ont toujours cru, à l’infaillibilité du marché. Ils veulent remettre en cause les 35 heures, réduire la “pression fiscale”, défaire le droit du travail. Grand bien leur fasse ! Je regardais récemment une affiche de propagande des années 30 contre la loi des 40 heures. On y voit un ouvrier poussé par les syndicats dans le précipice des 40 heures hebdomadaires. Au fond du ravin, il y a des mots, toujours les mêmes : “misère, chômage, prix de revient majoré, vie plus chère”. En bas de l’affiche, il y a une légende : “Une fois de plus trompé par l’Internationale, le travailleur français se laissera-t-il prendre au mirage ?”. Cette affiche était éditée par une organisation de droite qui s’appelait “Ordre et bon sens”. La droite ne change pas de langage. Elle ne change pas tout court. Elle ne changera jamais.

Nous pensons que l’Etat est un opérateur stratégique face au marché et qu’il est le seul à pouvoir protéger la multitude des hommes de la rapacité d’une infime minorité.

Nous pensons que l’Etat est un opérateur stratégique face au marché et qu’il est le seul à pouvoir protéger la multitude des hommes de la rapacité d’une infime minorité. La loi, l’autorité de l’Etat est nécessaire pour protéger les faibles contres les forts dans la jungle du marché. La loi, l’autorité de l’Etat est tout aussi nécessaire pour protéger les faibles contres les forts dans la jungle sociale où triomphent parfois les violences les plus inouïes. Le quatrième pilier du projet consiste à rétablir l’autorité de l’Etat et à assurer la sécurité de nos concitoyens qui demeure la première des libertés.

Depuis mars 2012 en France, plus de 240 personnes sont mortes, victimes d’actes terroristes dont la plupart ont été, sinon revendiqués, du moins motivés par l’action de groupes islamistes.

Depuis mars 2012, le rythme s’accélère, les modes opératoires, les cibles et les lieux se diversifient. Le phénomène du terrorisme au XXIè siècle est mondial.

Face au terrorisme, nous devons d’abord assurer les Français de la mobilisation des moyens de l’Etat. Il faut une réponse adaptée à l’Etat de droit que certains esprits faibles entendent remettre en cause. La virilité de circonstance ne trompe plus personne. Ceux qui ont réussi en quelques années à liquider la police de proximité, à supprimer 12 000 postes dans la gendarmerie et la police et à démanteler les services de renseignements devraient avoir au moins la décence de se taire !

Nous rétablirons la police de proximité qui n’aurait jamais dû être démantelée. Les services de police sont aujourd’hui amputés d’un outil de terrain qui permettait d’une part, de prévenir la délinquance quotidienne, mais qui aussi assurait une fonction de renseignement. Cela implique aussi nécessairement d’abandonner enfin la logique du chiffre qui n’a jamais été autre chose qu’une opération de communication politique qui contraint chaque jour davantage le travail des forces de l’ordre. L’efficacité de la police suppose d’abord une présence au cœur de la société plutôt que de la paperasserie administrative dévolue aux statistiques.

Pour compenser les pertes d’effectifs, le recrutement de 25 000 policiers et gendarmes est aujourd’hui nécessaire. Cela doit être accompagné d’une clarification des missions avec les polices municipales que je propose de transformer en gardes civiques communales dotées de missions complémentaires. Les fonctions régaliennes de sécurité des biens et des personnes doivent être réservées à l’Etat. On ne garantira pas la sécurité des Français en laissant faire la surenchère de certains élus locaux. Il y avait 400 policiers municipaux armés à Nice. Cela a-t-il empêché le massacre du 14 juillet ?

Par ailleurs, il faut mobiliser des moyens extraordinaires pour la Justice. L’état de nos prisons n’est pas digne d’une grande république. Je propose de construire 15 000 places nouvelles places de prison pour faire face à la surpopulation carcérale, et proposerai un grand plan de rénovation des prisons existantes. La peine, c’est la privation de liberté, ce n’est pas le cachot ! J’entends également instituer une obligation de formation et d’activité pour les prisonniers en vue de leur réinsertion.

La Justice, c’est aussi la Justice ordinaire. La France compte seulement 10 000 magistrats en exercice. Je propose de recruter 5 000 nouveaux magistrats, mais aussi donner des moyens supplémentaires pour assurer à chaque justiciable un jugement équitable dans un délai maximum d’un an, et la capacité pour les magistrats de faire exécuter les peines telles qu’elles sont prévues par la loi.

Le dernier pilier, c’est bien sûr l’école, cette institution qui est la clef de voûte de la République.

Elle est le coeur de la République réelle : c’est l’école publique, laïque et nationale qui est le premier vecteur de l’intégration et d’émancipation. Elle est cette chance offerte à chaque enfant de s’arracher aux conditions de sa naissance. Par l’école, on devient citoyen. Par l’école, on a accès au monde.

L’empilement de réformes démagogiques, fussent-elles motivées par les meilleures intentions, laisse aujourd’hui l’école publique en crise. De fait, chaque année le départ de nombreux enfants vers l’enseignement privé traduit ce malaise. La suppression du redoublement, la remise en cause des notes, l’abaissement de l’exigence au baccalauréat, la multiplication des enseignements périphériques dès le primaire, l’absence de continuité de la politique éducative avec 21 ministres qui se sont succédés en 20 ans : voilà ce qui déstabilise une institution qui a besoin de sérénité, et j’ose dire, de lenteur.

Le problème de l’école ne se résume pas à des questions de moyens. C’est toute l’approche qui doit être radicalement réorientée. A force de refuser d’organiser la sélection par le mérite, nous sommes arrivés au bout du cycle avec des étudiants qui obtiennent aujourd’hui leur inscription en master sur décision du tribunal administratif ! Nous devons dire la vérité, même si elle n’est pas agréable à entendre : tous les enfants de maternelle ne pourront pas faire un master “Finance et spéculation” ! Il s’agit, par la sélection, d’orienter chacun en raison de ses facultés et de ses goûts et de garantir la qualité des enseignements.

Beaucoup se joue dès les premières années, en maternelle et à l’école élémentaire. Pour reconstruire cette grande et belle institution, il faudra d’abord concentrer l’effort pour les plus petits et favoriser la scolarisation dès l’âge de 2 ans. Lors de la mise en œuvre de la semaine de 4 jours – sans doute pour réduire les coûts, la droite trouve toujours que l’ecole coute trop cher – le gouvernement de François Fillon avait réduit l’enseignement au primaire de 2H par semaine. Je proposerai de revenir à la semaine de 26 heures sur 4 journées et demi. Ces deux heures supplémentaires serviront à renforcer l’enseignement du Français parce que l’enseignement de la langue est LA priorité. Ma rencontre en mars dernier avec des professeurs du quartier de l’Ariane à Nice a achevé de m’en convaincre car dans certaines classes, la moitié des enfants ne parlent pas la langue de la République. La langue n’est pas seulement un moyen de communication. C’est le support de la pensée. C’est le vecteur de la culture. La maîtrise du Français est un prérequis pour fabriquer une Nation.

L’organisation actuelle du collège aggrave encore les inégalités constatées à la sortie du primaire. La réforme du collège, mise en oeuvre à la rentrée 2016, n’a pas même été débattue à l’Assemblée Nationale. Cette réforme est un fourre-tout idéologique qui combine égalitarisme compassionnel, misérabilisme social et bougisme sociétal. Les enseignements pluridisciplinaires, l’abandon des langues anciennes, l’enseignement territorialisé sont autant de dispositions auxquelles il faut mettre un terme sans délais. J’entends donc abroger purement et simplement cette réforme. J’entends aussi fermer la centaine d’établissements répertoriés comme “ghetto” par le Conseil National d’Evaluation du Système Scolaire (CNESCO), redessiner la carte scolaire et je n’hésite pas à le dire, à affermir son application. Les assouplissements depuis de nombreuses années ont conduit à l’intensification de la ségrégation sociale. La concurrence déloyale de l’enseignement privé sévit aujourd’hui car il n’a aucune contrainte de mixité sociale. Le privé sous convention avec l’Etat ne peut pas faire son marché parmi les élèves sans contrepartie. Le conventionnement doit donc être conditionné à des obligations d’accueil des élèves boursiers dans l’école privée afin que l’effort soit partagé.

L’environnement social est la première des inégalités. En développant les internats d’excellence, nous donnons une chance aux enfants des milieux défavorisés. Il existe 45 établissements de ce type aujourd’hui. C’est très insuffisant. Il en faut au moins 1 par département et je proposerai à cet effet de construire 10.000 places d’internat d’excellence sur un mandat.

L’éducation nationale repose pour beaucoup sur les compétences et le dévouement des professeurs. Savez-vous que la rémunération des enseignants en France est de 50% inférieure à celles de leurs collègues allemands ? Savez-vous qu’un professeur d’école débute sa carrière avec un salaire mensuel de l’ordre de 1350 euros nets par mois ? La République que nous défendons assigne à l’école un rôle prépondérant. La rémunération des enseignants doit donc suivre cette exigence. Je proposerai d’augmenter de 25% la rémunération des professeurs afin que le salaire en début de carrière ne puisse être inférieur au salaire moyen des Français.

Enfin, parce que l’école n’est pas la rue, je suggère d’instaurer le port de l’uniforme pour les élèves de l’école primaire jusqu’au lycée. Je ne méconnais pas la dimension controversée de cette mesure qui est souvent interprétée comme un archaïsme. Je veux la défendre devant vous. Il n’y a aucune nostalgie de ma part et si on accepte de regarder autour de nous, on constate qu’une majorité d’enfants dans le monde portent l’uniforme à l’école. Le port de l’uniforme à l’école permet une meilleure inclusion, atténue les différences sociales et règle définitivement la question des signes vestimentaires d’appartenance religieuse.

Chers amis, l’ensemble de ces propositions n’épuise pas le programme que je présenterai aux Français. Le programme complet est en cours d’élaboration et sera rédigé dans les prochaines semaines sur la base des travaux fournis par les comités thématiques que nous avons réunis, et qui ont travaillé pour couvrir l’ensemble des questions que nous avons à trancher.

La campagne s’ouvre désormais. Elle n’épargnera personne parce qu’elle va encourager tous les excès. Notre différence consiste à tenir un discours réaliste et ambitieux.

Cette campagne ne ressemblera pas aux précédentes parce que le paysage politique est en train de se transformer sous nos yeux. La France de 2016 n’est pas celle des années 80. Nous aurons dans les temps à venir un certain écho parce que nous portons une pensée politique qui est un chemin obligé pour la gauche si elle ne veut pas mourir. Elle sera bientôt acculée à penser les conditions de réalisation de la transformation sociale. Ce moment de vérité viendra : d’un côté, il y a ceux qui choisiront d’abandonner définitivement leur idéal et qui finiront par faire leur coming ont libéral, il y a la gauche attachée à l’egalité et qui devra en tirer toutes les conclusions.

Le temps des discours généreux mais sans conséquences, le temps de la gauche magique, le temps des incantations cyniques, le temps des arrangements sans lendemain, le temps du bricolage entre appareils qui ne pensent rien, ce temps-là est révolu.

Le temps des discours généreux mais sans conséquences, le temps de la gauche magique, le temps des incantations cyniques, le temps des arrangements sans lendemain, le temps du bricolage entre appareils qui ne pensent rien, ce temps-là est révolu.

Cette politique-là sent la mort. Regardez-les ! Ils sont sinistres. Ils parlent, mais plus personne ne les écoute. Ils s’agitent, mais les citoyens ont déjà tourné les talons. Chaque mot qui sort de leur bouche est déjà dévalué parce qu’ils ont abusé des habiletés.

L’espace existe dans le cœur de nos concitoyens pour du neuf.
La nouvelle génération politique doit trancher en ne jouant plus à faire semblant. Cela commence par dire ce que l’on pense et par nommer les choses.

Nommer les choses !

Oui je suis patriote parce que j’aime la France. J’aime notre Nation et ceux qui la font vivre. Au monde, elle doit parler sa propre langue et partager sa culture parce qu’aimer la France c’est aimer la liberté du monde.

Oui je suis souverainiste. Notre chemin qui mène à la République sociale passe par la reconquête de la souverainté populaire qui est l’autre nom de la démocratie.

Oui je suis progressiste parce que nous pouvons révéler en chaque homme ce qu’il a de meilleur, parce que l’humanité n’est pas l’etat de nature où chacun aurait un rôle assigné des sa naissance.

En avant les amis, en avant !
Allons parler aux Français
Faisons de la politique
Faire de la politique, c’est être généreux dans l’effort, généreux dans l’espoir, généreux dans nos convictions.

Faire de la politique, c’est faire France, faire avec la France, faire pour la France.

Faire de la politique, c’est faire France, faire avec la France, faire pour la France.

À Belfort où je suis né, les remparts de Vauban, le lion et les forts de Serré de Rivière nous surplombent et nous entourent. Ils disent à travers les siècles que la Nation ne nous a jamais été donnée et qu’elle n’est jamais définitivement acquise.

Notre Nation n’est pas la vieille France éternelle. Notre Nation n’est pas la Gaule des Gaulois. Notre Nation n’est pas une carte génétique. Notre Nation, c’est le peuple des citoyens rassemblés qui savent qu’ensemble ils peuvent produire des choses infiniment plus grandes que chacun dans son coin.

Les Francais ne nous attendent pas, mais ils attendent que quelque chose vienne. Soyons ce quelque chose qui vient. Parlons sans réfréner notre discours.
Parlons inlassablement de cette belle idée, la République.
Elle n’a pas fini de dire ce qu’elle a à dire.
Elle n’a pas fini de vivre. Toujours elle recommence.
La République c’est un printemps.
Soyons là pour la République au printemps !

Vive la Nation, vive la République, vivent les citoyens !