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Casseurs, gouvernement : des attaques inacceptables contre la liberté de manifester

En marge de la grande manifestation d’hier contre la loi travail, des individus minoritaires, imbéciles ou nihilistes, ou les deux, ont poursuivi leur politique de casse, de dégradation et d’affrontements. Ces exactions doivent être doublement condamnées : elle sont illégales et elles discréditent le mouvement social qui s’oppose à la loi travail. La condamnation sans réserve est d’autant plus nécessaire que le pays est à cran, tout particulièrement après l’assassinat terroriste de Magnanville. La condamnation est d’autant plus nécessaire que le gouvernement choisit de franchir un cap en matière de cynisme et d’instrumentalisation de ces violences minoritaires.

Aujourd’hui, la basse politique foule au pied tous les principes. En déclarant ce matin en marge du Conseil des ministres que les pouvoirs publics pourraient prononcer des interdictions de manifestation si les conditions de la préservation des biens et des personnes ne sont pas garanties, le Président de la République s’est livré à une attaque inacceptable à l’encontre de la liberté de manifester.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a confirmé devant les députés  «la volonté du gouvernement de ne plus autoriser les manifestations qu’au cas par cas, car vous savez qu’on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons, nous, nos responsabilités». Le même Premier ministre déclarait pourtant il y a moins d’un mois sur RTL que « nous sommes dans un Etat de droit. Si nous décidions d’interdire un certain nombre de manifestations, la justice administrative casserait cette décision ». Mais de quel sens des responsabilités peut se prévaloir un Premier ministre qui déclare un jour le contraire de ce qu’il affirmait un mois plus tôt et jette constamment de l’huile sur le feu ? Dépassé par la situation, mais espérant bien une victoire politique, l’exécutif est ainsi prêt à jouer avec les libertés publiques fondamentales. Jusqu’à présent, le gouvernement nous avait habitué à une rhétorique  aussi désagréable que grossière qualifiant le mouvement sociale de « prise d’otage » ou de « terrorisme ».

Aujourd’hui, il se tient sur le seuil d’une dérive inquiétante qui est une stratégie de pourrissement. Ni les injonctions de Bruxelles de réformer le marché du travail ni le rappel à l’ordre des 3% signifié récemment par le président de l’Eurogroupe ne valent sur nos libertés fondamentales. Les députés du Mouvement Républicain et Citoyen ont proposé une sortie de crise par le haut, une solution adulte pour des citoyens adultes : un référendum législatif en septembre. Il est plus que temps que l’exécutif examine sérieusement cette proposition à la hauteur de la crise.