20170111_130802

Aux salariés du groupe Seita : tout mon soutien !

Mesdames, Messieurs les salariés de la Seita,

Depuis plusieurs semaines maintenant, vous vous battez pour ne pas perdre vos emplois, pour continuer de produire dans notre pays et vivre dignement de votre travail quotidien.

Alors que 40 % des effectifs sont menacés, l’entreprise tente de justifier sa décision par le déclin de la consommation de tabac en Europe. Vous le savez, la réalité est toutefois bien différente. Cette restructuration s’inscrit d’abord dans la logique financière du propriétaire de la Seita depuis 2008, l’entreprise britannique Imperial Tobacco. Son chiffre d’affaires a progressé l’an dernier de 9,7 % et son résultat opérationnel de 10,4 %. Dans ces conditions, comment croire à la version officielle ? Comment ne pas craindre plutôt un nouveau licenciement boursier ? Comment ne pas soupçonner une logique comptable avant une logique industrielle ?

La désindustrialisation de l’économie française est l’une des plus avancées du vieux continent. Cette désindustrialisation n’est pas une catastrophe naturelle ou une issue inéluctable. Elle est le résultat d’une politique, appliquée avec continuité depuis plus de trente ans par une oligarchie financière coupée des réalités, qui considère que l’industrie appartient au passé. Je suis convaincu que l’industrie est notre avenir. Impossible d’imaginer une France maître de son destin et prospère sans une base industrielle solide !

Le rôle des responsables politiques est de s’engager en faveur du maintien des sites industriels et des emplois en France, mais beaucoup préfèrent la politique de l’autruche ! Vous pouvez compter sur moi pour soutenir votre combat et préserver vos capacités de production et vos emplois. J’aurai l’occasion, si vous le souhaitez, de l’exprimer de vive voix lors de mon passage à Riom ce mercredi 11 janvier après-midi.

Une stratégie défensive à court terme est indispensable. À plus long terme, nous ne mettrons fin aux scandales des délocalisations, des licenciements boursiers et de la désindustrialisation, qu’en adoptant une politique industrielle offensive, pour refaire de la France un site industriel de premier plan dans le monde.

Cela passe d’abord par la reconquête de notre souveraineté, une dépréciation monétaire et une politique de relance budgétaire. Nous devons également prendre des mesures vigoureuses pour définanciariser notre économie en instaurant une véritable séparation bancaire et en abrogeant la loi El Khomri. Je propose par ailleurs de durcir les conditions de licenciements économiques en reprenant en compte le niveau des dividendes versés. Je demande enfin l’extension du CICE sur 5 ans en étendant le dispositif jusqu’à 3,5 fois le SMIC pour favoriser les entreprises industrielles, tout en conditionnant les mesures de soutien aux entreprises à des résultats tangibles en matière d’investissement et d’emploi
sur le sol français.

Le mépris des élites économiques et politiques à l’égard de l’industrie et des salariés doit cesser. Ces élites ne sont pas indispensables à la bonne marche du pays. Seuls les salariés le sont !

Je vous prie de recevoir, Mesdames, Messieurs, l’expression de mon soutien plein et entier.

Le courrier de soutien en PDF